Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 16:17

LA SCIENCE DU SON DANS LA VOIE DU TANTRA 

La science traditionnelle indienne a exploré et expliqué en détail l’importance du son et de ses vibrations constitutives. Dans le Nyâya-Vaiseshika, l’analyse hypothétique du son, sous son aspect physique, et de sa propagation, part du principe qu’il est la qualité spécifique de l’espace.

On fait remonter l’origine physique du son à un impact mécanique, engendrant des vibrations dans les molécules de l’objet frappé ; celui-ci à son tour agite les molécules d’air environnantes, ce qui produit la vibration sonore. Le son se propage dans l’espace comme les vagues à la surface de l’océan, en l’occurrence la forme est celle des nappes vibratoires sphériques, concentriques qui émane l’une de l’autre. En outre on peut distinguer plusieurs types de sons suivant leur degré de subtilité : Sphota, le son transcendantal ; Nâda, le son supranormal qui peut être entendu mais ne l’est pas nécessairement ;  enfin Dhvani, le son audible, articulé, dont nous avons tous l’expérience. Cette conception du son se fonde sur une doctrine centrale, connue sous le nom de Sphotavâda, base des mantras tantriques, qui forment une part importante du rituel. La répétition de certaines syllabes sonores créé des rythmes vibratoires dans le corps, ce qui a pour effet d’éveiller les centres psychiques.

Toutes choses, depuis les idées les plus subtiles jusqu'aux formes matérielles les plus grossières, résulte de la coagulation de combinaisons vibratoires simples ou complexes. Une norme sonore va de pair avec l’énergie de chaque objet. Aussi bien la vibration est-elle l’une des nombreuses résultantes  du son, et non, comme on le prétend communément, sa cause.

La doctrine Sphotavâda postule la notion inexplicable selon laquelle il existe un son transcendantal dépourvu de vibration, échappant dès lors à la portée d’écoute normale de l’oreille physiologique. Ce son non vibratoire est diversement désigné comme « son silencieux », « son statique » , « son non frappé » ou anâhata-dhvani.

De ce postulat, il découle qu’il n’y a de vide nulle part. Continuum homogène et plein, l’univers correspond dans l’échelle vibratoire au stade pré-créateur de Pakriti. Le son primordial de l’impulsion initiale est nommé parâsabda.

La doctrine soutien aussi que, bien que la qualité ultime de la potentialité du son soit le silence, au niveau fini, elle engendre différents degrés vibratoires créateurs de lumière et de dimension. Chaque vibration est pourvue de sa structure et de son volume propres, qui varient selon la densité du son. Celui-ci se caractérise par la tonalité, le rythme, le volume, la fréquence, la vitesse et l’harmonie. Dès lors, si l’on touche la corde sensible d’un objet, on peut l’animer, le remodeler ou le détruire. A partir de telles conceptions, les techniques et les processus des syllabes sonores et de leurs équivalents visuels ont été formalisés dans les rituels du mantra et du yantra.

Article tiré du livre La Voie du Tantra ; Art – Science – Rituel; Ajit Mookerjee – Madhu Khanna ; Editions du Seuil Avril 2004

Le science du son dans la voie du Tantra
Le science du son dans la voie du Tantra
Partager cet article
Repost0

commentaires